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Le mannequinat, c'est mon violon d'ingres !

Parution le 30/04/2015

Le mannequinat, c'est mon violon d'Ingres

 

Début 2014, via Facebook, je fais la connaissance d'une femme formidable, Amélie Laguzet, qui a fondé deux ans auparavant l'association AREFH (Association pour la Reconnaissance et l'Epanouissement des Femmes en situation de Handicap). Elle me fait part d'un projet de séance photos de mode, et m'invite à y participer. Je décide de relever le défi !

 

Pour moi, je ressemble à tout sauf à un mannequin et je me vois encore moins poser devant un photographe... Finalement je suis très vite séduite par ce projet ! Amélie contacte un groupement de photographes (GNPP) et nous met en relation avec l'un d'eux, Raynald Delfolie, ayant pignon sur rue à Lille. Je le rencontre une seule fois, le feeling passe très vite !

Il est partant pour le deal de travailler bénévolement pour nous, en échange de retombées médiatiques.

 

Après quelques ajustements et différentes questions à régler, le jour J arrive à grands pas.

Le mois qui précède est pour moi bien rempli : je cours les boutiques pour trouver mes tenues, mes chaussures, la décoration... Je demande même à une auxiliaire de vie de me prendre en photo afin d'avoir une idée des différentes poses qui représentent au mieux ce que je souhaite dévoiler. Je fais de multiples essayages jusqu'à enfin dénicher deux styles de tenues qui me plaisent. La dernière semaine est particulièrement rythmée, j'attends fébrilement la livraison de l'unique blouson de cuir en France que j'arrive facilement à enfiler. Ce dernier arrive deux jours avant le shooting ! Epilation, coiffure, maquillage, soin du visage, french pédicure... tout y passe ! Toute cette effervescence me sied à ravir !

 

C'est aujourd'hui le grand jour ; cela se passe chez moi. Le photographe et les journalistes arrivent ; je salue la jeune femme de Grand Lille TV et à partir de cet instant, c'est comme si j'entrais en scène, l'adrénaline monte !

La caméra n'est pas imposante et je réponds à ses questions. Je suis étonnamment relaxée et compte tenu de la situation, mon débit de parole est relativement fluide.

- "Qu'est ce qui vous a poussé à faire ce shooting ?"

- "D'abord pour le plaisir, et surtout pour montrer une facette de moi que les gens ne connaissent pas forcément"

- "Qu'allez vous demander au photographe ?"

- "De montrer mon côté sexy et glamour !"

 

Juste après cet interview, je commence mes poses. Le photographe prend les premières photos, je cherche le regard complice et critique de mes auxiliaires, et je leur demande leur avis. Une bonne ambiance s'installe : je lance même des "Je suis bien comme ça?!", "Et mes pieds ça va?". Tout le monde sourit en me voyant aussi à l'aise. Bref, je m'éclate !

 

Ensuite, je réponds aux questions d'une journaliste de La Tribune de Villeneuve d'Ascq. Cette dernière est très émue quand je lui explique mon point de vue à propos du regard des autres. Je lui dis que selon mon expérience, il est difficile de changer le regard des autres mais plus aisé de montrer de nouvelles facettes de soi-même.

 

A la fin, Sylvie, Laure (deux autres modèles du jour) et moi, nous avons du mal à nous arrêter, nous réclamons au photographe toujours de nouvelles photos...

Je crois que j'ai accepté ce shooting parce qu'au fond, j'en avais envie depuis longtemps ! Cela me permet de me montrer sous un autre jour  ; une image fixe de moi-même qui supprime les mouvements ou certaines positions que je peux avoir en bougeant...

L'autre jour une jeune fille regarde les photos et s'exclame : "Oh on ne voit même pas votre handicap !" Même si sur ces photos je ne voulais pas absolument le cacher, il semblerait que mon handicap passe au second plan, et c'est très bien ainsi ! Beaucoup de gens remarquent mes chaussures, mes jambes et mes tenues, c'est ce qu'on pourrait appeler un défi relevé !

 

Anne Vittet

Soroptimist Lille Métropole

 

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